Bienvenue

Publié le 25 octobre 2009 | 2 réactions

Bonjour et bienvenue sur le blog complètement givré, le blog de ceux qui n’ont pas froid aux yeux ! (Merci Mattew)

Le but de ce blog est de raconter mes aventures (Baptiste) avant, pendant et après mon voyage en Antarctique et plus précisément à Dumont d’Urville. Les posts sont dans l’ordre chronologique et non en inversé comme la plupart des blogs pour cette raison. Voyez le comme une histoire. Apprendre à contrôler les flux RSS peux s’avérer pratique, netvibes est votre amis, surtout si vous suivez plusieurs blogs. Je n’alimenterai pas à foison ce blog, car le but n’est pas de rendre ce que je vis au jour le jour. Vous y trouverez très certainement des fautes d’orthographe, sachez que j’essaie de me corriger, mais j’ai quelques lacunes la dessus, n’hésitez pas à me les signaler si cela vous amuse.

Assez parlé de détails …

Mais où c’est que tu parts ?


Agrandir le plan

C’est quoi l’antarctique ?

Ici je ne vais pas faire toute l’historique de la base, l’histoire des explorateurs, l’histoire du chien de Monique … Ici vous trouverez seulement mon vécus et des infos exclusives sur le voyage qui m’attend ! Cependant je ne peux que trop vous conseiller ces pages si d’aventure l’histoire vous intéresse.

Trainer sur le site le l’I.P.E.V. aussi, si on fouille bien il regorge d’informations intéressantes.

Mais qu’est ce que c’est que tu vas faire là bas ?

J’y vais en qualité de VCAT électronicien. Il est a noté que ce n’est pas un job mais du volontariat. Ce qui se ressent surtout au niveau du salaire ;-) . Pour ce qui est de la partie technique, vous en saurez un peu plus, plus tard …

Voilà je pense avoir fait le tour du principale. Il ne reste plus qu’à développer …

Je tiens à remercier Baptiste pour la bannière.

Bonne lecture de blog.

Baptiste

Septembre-Octobre 2009: Strasbourg

Publié le 1 novembre 2009 | 1 réaction

Mais qu’est ce que j’ai fait pendant cette période ?

Mais oui qu’est ce que j’ai fait ? Est-ce que je suis allé dans un congélateur pour tester mes aptitudes physiques ? Est-ce que je l’on m’a fait un lavage de cerveau pour pouvoir accepter les autres dans la base ? La réponse en image avec ce film de 14 minutes 30. La vidéo n’est pas en HD par défaut (il faut payer …) Donc si vous voulez visionner la vidéo en HD (le mode par défaut est pas trop mal aussi), je vous conseil de vous rendre sur le site de Viméo. Après le film, j’ai fait un petit complément d’informations.


Blog Septembre-Octobre 2009: Strasbourg from Baptiste DENAEYER on Vimeo.

Purée ! La détection des séismes et le relevé du champs magnétique terrestre ça à l’air trop bien ! Tu pourrais m’en dire plus ?

Moi non ! Par contre comme tu as visionné le film tu as pu constater que je n’étais pas le seul à faire la formation et figure toi que eux aussi ont fait un blog ! Comble du comble, ils ont même fait des pages internet en expliquant super bien ce qu’on va faire. Les liens:

N’hésitez surtout pas à leur rendre visite, ils racontent assez régulièrement ce qu’ils font et pourront mettre leur blog plus souvent à jour. En plus il y a certainement plus de photos de moi là bas qu’ici. Tu trouveras les liens dans la rubrique blog hivernants là à droite ->

Ok on a bien compris à Brest tu as fait des conférences et fait la fête mais les conférences ça parlait de quoi au juste ?

Alors là c’est mon grand regret ! J’aurais aimé filmer toutes les conférences et les partager mais les moyens logistiques ne me l’ont pas permis. Parce que tout le monde devrait voir ces conférences ! Ca parlait évidemment de changement climatique car c’est dans toutes les bouches de scientifiques à moitié écolos (n’oublions pas que c’est à la mode). Mais les sujets abordés avaient bien sûr un lien direct avec les observations faites dans les bases. On a parlé:

  • D’étude biologique des animaux dans leur milieu naturel avec Christophe Guinet. Il utilise des balises argos pour surveiller le trajet et donc le comportement des animaux tels que les manchots, lion de mer, etc … Ils se sont rendus compte que par ce moyen, en plus du comportement des animaux on pouvait extraire les données de température de fond marin afin de créer des cartes, chose très difficile à réaliser sinon …
  • D’étude des poissons qui vivent en antarctique avec Philippe Koubbi. On a découvert que les poissons là bas ont vraiment une tête bizarre. Au delà de cette considération il semble que ces poissons soient plus fragiles aux variations minimes de leur environnement. Le climat y étant plus rude …
  • D’étude des insectes avec Marc Lebouvier, mais je reviendrai sur ce sujet.
  • De la difficulté à réaliser le niveau zéro des mers mondiales à l’aide d’observation de marégraphe avec Laurent Testut
  • De climatologie en antarctique avec Christophe Genthon. Avec lui on a vu que l’antarctique est un continent dont le modèle climatologique est très nettement grossier. C’est ce qu’il tente de modéliser de façon plus fine.
  • D’atmosphère avec Christine David. Elle nous a expliqué comment un trou dans la couche d’ozone était possible juste au dessus de l’antarctique.
  • De protection de l’environnement avec Cédric Marteau

Ouah ! Donc tu as eu plein de formations différentes ça devait être intéressant ?!

Et ça l’était ! Mais j’aimerais soulever un point que l’on ne connait pas bien sur l’écologie. Le point est assez sensible aussi je vous prie de prendre ce qui suis comme la restitution de ma prise de note durant les conférences qui peut s’avérer biaisée. Je serais d’ailleurs reconnaissant à d’éventuels lecteurs qui pourraient me corriger en cas d’erreur.

Le îles subantarctiques Crozet, Kerguelen, Amsterdam/St Paul sont des territoires français gérés par l’organisation des TAAFs. Cédric Marteau est donc l’actuel conservateur des réserves naturelles présentes sur ces îles. Par exemple l’île St Paul est totalement interdite d’accès (sauf cas exceptionnel, suivit d’autorisation à n’en pas finir). Si vous voulez plus de détails rendez-vous sur la page des TAAFs. Cette création de réserve naturelle est un projet qui a abouti en 2006. Les îles sont « exploitées » depuis en moyenne les années 1950. Il faut ajouter à cela que les îles étaient des parc nationaux avant d’être des réserves depuis 1938.
Nous avons donc eu un discours du conservateur, indiquant que tous nos gestes sont à surveiller étant donné le statut administratif de ces lieux. Ils nous a aussi sensibilisé à l’impact de l’homme sur son environnement. Dans le vieux temps (entendre autour 1950), nous avons cru bon d’amener des animaux que nous pourrions utiliser pour notre autonomie, mouflon, vaches, lapin, chat … Ces espèces ont été introduites consciemment sur ces territoires, d’autres au contraire sont apparues sans qu’elles ne préviennent. C’est le cas du rat. Mais pas seulement ! Des espèces végétales ont proliféré à notre insu. Nous véhiculons par nos vêtements des quantités de pollens. C’est ainsi que le pissenlit alors inconnu dans ces contrés est venu envahir certaines parties des îles subantarctiques. Il faut savoir que l’introduction d’éspèces étrangères est la deuxième source de d’extinction d’éspèce dans le monde.

Mais alors aujourd’hui on est plus si idiot, on doit pouvoir arrêter tout ça ?

Oui et non … Il y a bien des projets d’éradications des rats qui ont été réalisés sur l’île St Paul notamment. A priori ce genre de programme à porté ses fruits. Mais il est des espèces que l’on ne peut contrôler. C’est le cas de toute la flore, il est impossible aujourd’hui de contrôler le flot de graines introduites par les hommes chaque année. Nous n’avons qu’une seule solution: minimiser l’impact.

Mais alors que faire ?

Pour le moment, face à notre impuissance dans de telles situations, nous créons des programmes scientifiques permettant d’étudier et par le même coup de surveiller les populations introduites. C’est le cas de Marc Lebouvier qui étudie l’expansion d’un coléoptère prédateur (plus de renseignement) sur les îles Kerguelen. Cette étude, nous explique-t-il est importante dans l’étude d’équilibre dans les écosystèmes car c’est l’une des (sinon la) premières fois que nous pouvons observer de tels impacts depuis le temps 0 d’introduction (ou presque).

Ca fait réfléchir !!

Le cas de ces îles peut paraitre choquant car nous avons des dates, des chiffres, nous pouvons quantifier notre impact. Nous le connaissons avec 100 personnes par îles (maximum) et par an. Qu’en est-il des 2 milliards de passagers par an dans le monde ?

Ok mais tu n’as parlé que des îles subantarctiques, et en terre adélie ?

Ah ça ! Je le réserve pour quand je serai sur place ;)

En attendant …

Publié le 15 novembre 2009 | 3 réactions

Il y avait quelques problèmes avec le RSS; problème résolu grâce à mon superbe hébergeur: Grégoire !

Dans un autre contexte, ca y est je connais ma date d’aller pour Dumont D’Urville/Terre Adélie : le 21 décembre. Certains hivernants, qui vont passer avec moi cet hivers dans un environnement confiné, sont déjà arrivés. Ils tiennent d’ailleurs un Blog eux aussi, je les ai rajouté dans les liens. Marie Ornithologue, Marion Vétérinaire et Benjamin qui n’a pas de blog. Sinon Il y a aussi Jean-Baptiste météorologue qui devrait arriver début décembre. J’en profite aussi pour remercier François, pour avoir mis un lien sur son site. Petit à petit, les equipes se remplacent …
Camille (Crozet) est déjà partit pour sa destination.

Sinon merci à tous pour vos messages d’encouragement, ç’est toujours important.

A bientôt pour d’autres aventures …

me_info

Dernier message en terre maternelle

Publié le 22 décembre 2009 | 9 réactions

Ca y est, c’est bientôt le grand départ. Aussi frustrant que cela puisse être, celui-ci fut décalé de 5 jours. A priori l’Astrolabe fut coincé dans les glaces à 50 km de la base. Le déchargement a donc pris un peu de retard. La nouvelle date en vigueur (de Paris) est le 27 décembre. Finalement Noël sera passé dans le Nord …

Comme je suis chômeur depuis début Novembre, j’ai pu voyager, et j’ai passé un mois absolument extraordinaire en passant par :

  • Paris : merci pour la fête de départ c’était bien rigolo.
  • Bordeaux : Merci à la colloc, au scooter de Greg, à JSB. On écrira un livre sur le pourquoi et le comment bientôt
  • Toulouse : Merci à Coco et FX pour leur accueil, on se retrouve en Australie ;) .
  • Nice : Retrouver les montagnes et la tranquillité de la colloc est toujours plaisant. Merci aux Ex collègues aussi.
  • Berlin : Un gros merci à Julien et Eric pour ce week-end fort agréable.
  • Prague : Merci à Gino les discussions sont toujours aussi prolifiques ;) .

En ce moment, je suis chez mes parents ou je passe mes derniers moments en France le temps pour moi de dire au revoir à toute ma famille.
Evidemment, dernièrement, j’ai dû aussi occuper mes journées, et c’est ainsi que je vous donne un peu d’entertainment, avec cette vidéo.

Petite introduction :
Le titre de cette vidéo est Naïf.
Elle est dans la continuité de mes vidéos précédentes c’est à dire celles réalisées avant mon stage à Strasbourg. Pour ceux qui voudraient passer les rattrapages, vous pouvez toujours visionner mes premières réalisations à l’adresse suivante : http://vimeo.com/user1665893.

La ligne directrice fut d’exprimer une introspection. J’essaie de livrer ici les raisons qui me poussent à partir aussi loin, de justifier ma folie apparente.

Après la séance (prêt de 20 min tous de même), je vous expliquerai comment me contacter une fois sur la base.
Naïf from Baptiste DENAEYER on Vimeo.

C’est partit !

Ca y est je vais bientôt embarquer pour la base de Dumont D’Urville. J’embarquerai, si tout va bien, le 27 décembre dans l’avion à Hong-Kong où j’y passerai 12 heures. Puis direction l’Australie et la Tasmanie dans la ville d’Hobart ou j’embarquerai sur l’Astrolabe, si gentillement renommé GastroLabe par nos amis Italien (ils l’empruntent pour des missions sur Concordia). Le départ du bouchon navire est prévu le 29 décembre. L’arrivée sur base est incertaine (suivant météo), mais nouvel an se fêtera surement à bord.

Si vous voulez suivre le trajet du bateau en (presque) direct c’est là sur google earth et ici pour google map.

Comment me contacter une fois sur base ?

Si d’aventure, je vous manque, que vous pensez à moi lors d’un barbeq, que vous aimeriez avoir un objet qui part en antarctique, vous pouvez m’envoyer des colis/lettres/cartes à l’adresse suivante:

Mr Baptiste DENAEYER Base DUMONT D’URVILLE
District de Terre Adélie
Terres Australes et Antarctiques Françaises
Via Orly C..T.C OM

Mais sachez que vous n’avez que jusqu’au 22 janvier pour envoyer des lettres. Au delà, il faudra attendre courant octobre pour recevoir de nouveau avec les premières rotations de l’Astrolabe. Rien ne vous empêche d’envoyer le courrier plus tôt, il sera accumulé et recevoir une centaine de lettres juste après l’hivernage sera toujours apprécié ;) .

Sinon vous pourrez toujours choisir la méthode moderne, avec internet que nous recevons que quelques fois dans la journée, quand le satellite de communication passe au dessus de nos têtes. A priori ce sera :

bdenaeyer « artobase » ifrtpddu.ifremer.fr

Où le « artobase » est bien entendu à remplacer par un @. Je dis a priori car je n’ai pas de confirmation de la part de l’IPEV, j’indiquerai s’il y a un quelconque changement. Quelques précisions sur les mails. Il est inutile de m’envoyer des mails de plus de 50Ko ils ne seront pas envoyés à la base … Autant dire qu’il faut oublier les photos (ou en compressant beaucoup vérifier la taille, 640×480 est une résolution adéquate), vidéos et autres fichiers lourds. Autre précision, ce sera le seul email que je visionnerai pendant un an. Inutile donc de m’envoyer quoi que ce soit sur mon adresse gmail.

N’oubliez pas que niveau émotionnel rien ne remplacera un courrier d’un courriel. Si vous ne m’envoyez pas de lettre durant mon hivernage, il faudra qu’on revoit nos relations à la baisse ;) .

Sur ces belles paroles, je m’en vais finir ma valise, il ne me reste plus qu’à vous dire: A dans un an et ne changez pas trop que je puisse vous reconnaitre à mon retour !

On me fait signe que je ne réponds pas aux commentaires et que cela pourrait être vu comme du snobisme ! Pas du tout, c’est juste que je ne sais pas trop quoi dire, alors merci pour tout encouragement, mot gentil, lettre d’insulte etc … C’est bien généreux de votre part ! Je m’efforcerais à l’avenir d’y répondre.

Le jour où j’ai marché sur la lune.

Publié le 19 janvier 2010 | 9 réactions

fort_soleil_thumb

Mes paupières s’ouvrent, un nouveau jour commence. Où suis-je ? Des fragments de mémoire me reviennent en tête comme des images clefs des jours passés. Les immeubles de Hong Kong, l’Opéra de Sydney, la plage d’Hobart… Ca me revient d’un coup, l’Astrolabe ! Est-ce que je peux me lever sans cogner trop de murs ? A priori, aujourd’hui, le bateau ne gîte pas trop, je devrais y parvenir sans trop de bleus supplémentaires.
Je descends au carré prendre mon petit déjeuner. Certains membres de l’équipe sont déjà levés, on blague sur ma tête qui n’est pas encore fraîche.
L’engourdissement de mon cerveau me laisse perplexe devant le hublot gris. J’en demande des nouvelles à mes camarades de voyage qui m’annoncent que le brouillard s’est levé, impossible de visualiser les icebergs annoncés par le radar. L’excitation, recomposée dans mon imaginaire grâce au souvenir du premier iceberg de la veille, tombe sans laisser de traces.

J’entame alors les soins routiniers qu’un humain s’octroie chaque matin, sans la conviction de la réalisation des promesses du voyage. Une journée morne commence. Je prends la direction du salon cherchant une occupation qui pourrait tromper l’ennui. C’est le sixième jour que nous naviguons, les dizaines de parties de scrabble remettent en cause le renouveau des loisirs de la journée. Trente minutes passées sur un montage film, Florian essoufflé apparaît, des icebergs pointent le bout de leur nez, le brouillard s’est levé. J’accours à grand pas sur la passerelle, la magie reprend alors tout son sens. Trois à cinq icebergs sont visibles, leurs formes sont variées, certains peuvent paraître d’une régularité hors naturel quand certains font état d’une guerre passée. Nous nous plaisons à laisser vagabonder notre imagination sur ces formes et couleurs qui nous ne sont pas communes. Hélène y voit même, au loin, l’Opéra de Sydney.

Au fur et à mesure que l’Astrolabe continue sa course d’un semblant infini, les icebergs se font de moins en moins rare. L’excitation monte, pas de doute sur notre destination.
Jusqu’ici les albatros rythmaient les journées des observatrices de baleine, aujourd’hui les oiseaux sont différents, les signes s’intensifient. Nous restons sur le pont du bateau pour saisir chaque instant que l’entrée imminente annoncée pourrait nous laisser. Je reste contemplatif, caméra au poing, conscient d’immortaliser un moment unique de ma courte vie.

Soudain Hélène, l’une des chasseuses (entendre de façon scientifique) de baleine s’écrie: « Un orque ! ». Nous réalisons rapidement que ce n’est pas un mais des orques que nous voyons au loin, qui, d’après les expertes, sont en chasse. La magie opère pleinement. Nous regardons aux alentours de la zone indiquée par la chasseuse, guettant chaque geste de l’espèce convoitée.
Tous s’affolent ! Des journées passées à regarder l’océan sans trop de conviction, d’observation fructueuse, se transforment en un vivier d’une diversification incroyable. « Des baleines !! »

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« On peut se diriger vers le groupe ? » demande timidement Hélène.
« Evidemment », répond le capitaine conscient que cette nouvelle ne pourra qu’alimenter l’excitation de tous les passagers.

« Oh merci ! T’es un chef !!! » s’exclame Hélène.

L’inertie du bateau commence lentement à prendre le cap des baleines convoitées. Le cadre est magnifique, les baleines chassent à proximité d’un iceberg aux forment chaotiques. Le spectacle est indescriptible, nous observons les baleines par dizaines dans leurs milieu naturel.

« Regardez, des manchots ! »
Certains manchots Adélie ont trouvé refuge sur un flanc d’iceberg, nous ne savons plus ou donner de la tête. Je suis complètement submergé par les évènements. Alors que deux heures avant, je ne pensais qu’à m’occuper, je fus alors totalement comblé par le spectacle qui s’offrait à nous.
J’essaie de capturer des images mais laisse tomber rapidement ma caméra, comprenant que je ne pourrais rendre ce moment que si j’en profite pleinement.
Saisissant qu’une forme étrangère les poursuit, les baleines se dispersent et le bateau reprend le cap de notre terre promise.
L’excitation laisse peu à peu place à un état de choc dont quelques habitués arrivent péniblement à récupérer. L’air abruti reste gravé sur nos visages, nous ne réalisons pas entièrement ce que nous venons de vivre.

Le ciel se transforme, il passe du gris au bleu azur, le temps est avec nous. Le repas du midi est pris rapidement pour ne pas laisser une miette du théâtre qui a lieu malgré nous, à l’extérieur.

De retour sur le pont, je ne me lasse pas des paysages remplis des forteresses blanches. Sur le radar, les points jaunes, qui représentent un obstacle se font de plus en plus dense au point de former un front commun à notre bateau. Au loin, les prévisions du radar se concrétisent, le pack nous renvoie une lumière blanche signalant sa présence. De nouveau, les passagers de l’astrolabe s’excitent à l’idée de découvrir une nouvelle facette du pays blanc. L’amas de glace forme une frontière nette avec l’eau. Deux glaçons se tiennent comme les statues de l’entrée d’un royaume interdit. Le bateau ralentit sa cadence, nous retenons notre souffle. Le silence s’impose de lui même, jusqu’à ce que le bruit des glaces se frottant sur la proue vienne le briser. Nous observons silencieux dans un calme déconcertant comparé à l’excitation déjà loin, les nouvelles espèces se prélassant sur ce sol mi fluide, mi solide. Manchots, phoques deviennent avec l’avancée du bateau, monnaie courante.

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Les heures passent dans la contemplation du paysage qui inspire toujours autant le respect. Mon regard se vide, ne scrutant plus de passage particulier, sachant que le moindre rayon sera rempli de beauté.
Sans prévenir, trois orques reprennent leur souffle dans mon champs de vision, à dix mètres du bateau. Je suis abasourdi et heureux que l’on m’offre sur un plateau ces observations hors du commun.

Fin de soirée, le bateau tarde à briser les dernières glaces qui nous séparent de la base. On m’informe que je vais prendre l’hélicoptère pour rejoindre au plus vite mes camarades d’hivernage qui s’impatientent de nous voir. Valise close en deux minutes, caméra au point, je monte dans l’hélicoptère attendant Floriane, l’hivernante avec qui j’ai voyagé jusque là. Tous deux sommes dans un état de naïveté et de crédulité, tant, jusqu’à présent, le voyage nous a réservé des surprises.

Naviguant au dessus des icebergs, j’essaie de profiter un maximum de ce court voyage avec ce qui sera notre dernier moyen de transport de la journée. Soudain les formes familières de la base deviennent réelles, l’hélicoptère se pose. Dans un étourdissement de joie, de bonheur, de surprise et de mal de terre, je pose mon premier pas sur la lune !

FIN

moi_bienvenue_thumb

Sinon comment ça se passe ?

Tous va bien je prends mes marques dans la base. Je n’ai pas forcément beaucoup de temps à consacrer à tous ce que je voudrais, mais petit à petit, le temps se libère. Globalement tous se passe bien au niveau relationnel. Nous devons être un peu moins d’un centaine à vivre ici cet été, donc je n’ai pas encore eu vraiment de temps pour connaitre toutes les personnes avec qui je vais passer l’hivers.

Ca doit être excellent

Je te rassure, oui ça l’est !

et voici mon adresse e-mail définitive

bdenaeye@ifrtpddu.ifremer.fr

Les héros polaires

Publié le 2 février 2010 | 3 réactions

Bien arrivé à destination, j’ai eu la première semaine quelques difficultés à me réveiller et donc à profiter réellement de la base, bien qu’il fasse jour à n’importe quelle heure. Me connaissant, ce symptôme est généralement lié à un manque d’activités motivantes dans la journée. On est en droit de se demander pourquoi, dans un tel lieu.

Je reste assez surpris dans l’ensemble par notre capacité (nous, humains) à s’adapter. L’environnement de la base de Dumont D’Urville (DDU) offre un tel confort qu’il est facile de rattraper une routine que je pourrais en avoir en France… ce que je pensais perdre en prenant le chemin du continent blanc. Aussi, je dois avouer avoir été réfractaire à ce comportement. Comment arriver dans un état de lassitude dans un environnement aux milles surprises ?

A mon arrivée, l’intégration dans le groupe, de façon attendue, n’était pas des plus simples. Les personnes sur la base se connaissaient déjà et avaient vécu des spécificités adéliennes que Floriane (l’hivernante arrivée au même moment) et moi n’avions pas encore vu. J’ai aussi compris que mon problème d’intégration ne venait pas seulement de notre arrivée tardive mais aussi de mon travail. Ici nous sommes complètement identifiés, quand nous ne connaissons pas la personne, à notre travail. La plupart sur la base ne font pratiquement que leur métier de la journée, je suis l’un des rares chanceux à pouvoir profiter de mon temps comme je l’entends. Comparé à la vision du travail que j’ai essayé de décrire à travers « Naif », vous pouvez comprendre le décalage.

Vous comprendrez aussi que, vu mon emploi qui me prend effectivement quelques heures par jour, et mon prédécesseur comme preuve à l’appui, tout le monde comprend vite que je suis assez inactif dans la base. Par rapport à l’identification par le métier, c’est forcément se donner une première mauvaise image de moi.

J’ai donc trouvé une solution à ce premier problème ; je ne pouvais pas rester à ne m’occuper que pour moi même. Ce qui est ironique car je voulais, en partant, m’isoler du monde. J’ai donc pris l’initiative de m’occuper quotidiennement de la radio de la base. Je fais une émission à 18 heures d’une demi heure, ou je passe de la musique, un employé de Météo-France s’occupe d’annoncer la météo et j’interviewe des personnes de la base. Cette activité me plaît beaucoup et on a l’air de l’apprécier, j’ai beaucoup de bon retour. Ça donne même des idées à tous ! On vient me voir régulièrement pour me proposer des idées.

De cette façon, j’arrive mieux à m’intégrer. A la place du « glandeur de sismologie » je deviens le « mec de la radio », ce qui est beaucoup mieux accepté. Et dans un même temps ça me permet de travailler sur les sons, de découvrir de nouvelle musiques, de m’exercer à l’exercice de l’interview, bref j’apprécie vraiment cette fonction.
Certains m’ont même demandé « Dis Baptiste ? Tu es payé pour la sismologie ou pour la radio ? ». Que ces messieurs de l’EOST se rassurent, je donne la priorité aux mesures et routine de mon emploi.

D’ailleurs depuis cette initiative, les activités sont incessantes. Le 13 janvier, j’ai passé ma meilleure journée mon arrivée sur la base. Il est prévu ce matin, avec des ornithologues de passer sur une autre île par un petit bateau, le Seatruck. Celui-ci ressemble beaucoup à ceux du débarquement de 40. Finalement la météo ne le permettait pas, je remonte donc vers la base et j’aperçois, ce que je crois être un phoque. Je l’observe et tous d’un coup il rapporte un manchot dans sa gueule. Je sors ma caméra et je commence à filmer ce qui s’est avéré être un léopard des mers en plein dîner. C’est assez impressionnant à voir, vu qu’il est obligé de littéralement claquer le manchot pour le déchiqueter dans l’eau, il n’a pas de molaire et ne peut donc pas broyer sa proie comme d’autres animaux pourraient le faire. Sang garanti ! Ce que je croyais être un événement commun de l’antarctique était en fait, un fait rare. Ce genre d’évènement n’est observable qu’une ou deux fois dans l’année.

J’ai eu du mal à faire la part des choses tant l’environnement m’est inconnu et plein de surprises. Je peux m’émerveiller sur des choses que certains n’apprécieront pas autant. Il y a d’ailleurs une sorte de chasse à la rareté à la façon d’un collectionneur, sur les espèces que chacun pourrait apercevoir. L’exclusivité du Léopard n’a pas plus à tout le monde … Ce que l’on comprend aisément.

Le matin, du moins, démarrait bien. L’après-midi, j’embarque donc avec les deux ornithologues (Marie et Marion) et une équipe de pécheurs scientifiques (ils étudient les poissons en Antarctique et autres bestioles qui peuplent les fonds marins). Je décide de rester avec ces derniers car je voulais rentrer avant 18 heures pour pouvoir animer l’émission de radio préparée le matin, dont une seule édition était à mon actif. Le bateau allait débarquer les ornithologues en premier, pour qu’elles puissent effectuer leur travail au plus vite.
Arrivées sur la berge, elles insistent pour que je débarque avec elles. Je fais signe que non, compte tenu de mes obligations auxquelles je me suis engagé, et être dans ce bateau été déjà pour moi source d’émerveillement. Finalement après un appui de l’équipe de pécheur, je me vois pratiquement contraint de descendre de notre barque.

Je passe donc mon après-midi, que je ne vois pas filer, à assister (bien grand mot pour designer de la prise de note) et filmer les ornithologues à quelques centaines de mètres du continent blanc, masse dangereusement attrayante de neige. J’oublie, dans ces conditions, rapidement la contrainte de l’émission.
Leur travail consiste à baguer les poussins Skua (voir Wikipédia) actuellement en âge, dans le but de suivre leurs comportements et leurs populations. Le Skua est un charognard très territorial. Quand un individu passe dans son territoire il vole en piqué sur lui pour lui donner des coups et souvent par derrière. La méthode pour éviter son attaque consiste simplement à lever le bras en l’air, mais on n’est jamais à l’abri d’un mauvais coup. Ce fût le cas pour Marie.

Je découvre que ces bêtes qui d’ordinaire ne m’auraient pas retenu l’attention, deviennent, dans leur environnement naturel, très attendrissantes.
Travail terminé, nous attendons patiemment le bateau qui doit arriver d’une minute à l’autre d’après la radio.
17h30, le bateau se fait prier, je garde une pensée pour l’émission que je voulais diffuser et dont l’ambition s’éteint au fur et à mesure que les minutes passent.

17h40, le bateau arrive laissant planer le doute.
17H50, le bateau débarque sur l’île des Pétrels à l’extrémité de la base. Je décide de finir le trajet à pied sachant que les pêcheurs avaient un autre filet à remonter. Je marche donc rapidement au milieu des manchots pour atteindre mon bureau.
17H57 Je suis arrivé, l’émission est sauvée.
18H00 Essoufflé, je parle dans le micro de SkuaRock pour la deuxième fois.

Skuarock1

Heureux de pouvoir tenir ma promesse faite la veille, je suis content de m’intégrer dans cette équipe par le biais d’une émission quotidienne radiophonique. Finalement, je dois revoir mon dégoût des habitudes pour découvrir petit à petit que ce comportement est nécessaire.

Nous nous créons des repères pour éviter ce total dépaysement que l’on croit chercher à tout prix. Je repense avec ironie à ce que certains m’ont dit en partant : « On te trouve très courageux », « je ne sais pas si je pourrais le faire » … Nous ne vivons pas dans une tente, isolé se demandant chaque seconde ce que nous allons faire pour nous occuper, comptant les jours pour le prochain bateau, se sentant seul au monde !
Nous avons notre magasin, notre cinéma, notre radio, notre restaurant, nos toilettes publiques, notre « place », notre bar, les températures sont autour de 0 degré. Sans ces repères, il ne serait certainement pas possible (psychologiquement parlant) à la plupart d’entre nous de vivre dans ce lieu.

Faites-vous une raison, nous ne sommes pas des héros !

(J’ai une pensée pour Serge qui m’inspira ce texte après une discussion sur les conditions extrêmes de vie, qui s’avère ne pas du tout l’être grâce/à cause (chacun choisira) de la logistique.

Sinon ici tout va bien, on attaque notre troisième jour consécutif de vent avec rafales de 120km/h. Certains ont même sorti les cerfs-volants. Les températures restent honnêtes ; un peu plus de 0 degré.

JB+Moi_vole

Je continue mon émission quotidienne et il n’y a pas un jour sans franche rigolade, donc le moral est au max. Pas de raison de se plaindre ; ce qui m’embête un peu vu que j’ai l’habitude de le faire pour un oui ou pour un non.

Désolé aussi de ne pas répondre rapidement à vos mails, je ne cherche vraiment jamais quoi faire sur la base… toujours des choses sur le feu et les vidéos-récits s’accumulent sans avoir vraiment de temps pour les traiter et les envoyer.

Prochainement Baptiste et Marie devraient recevoir un courrier avec un DVD dedans. Vous aurez plus d’images et de quoi vous donner une idée des lieux dans lequels je réside en ce moment.

A Bientôt

Baptiste

« Ride to DDU » un film qui a fait quelques kilomètres…

Publié le 7 mars 2010 | 3 réactions

Ride to DDU from Baptiste DENAEYER on Vimeo.

Spéciales Dédicaces

Publié le 16 mars 2010 | pas de réaction

Marion, une co-hivernante, compte faire une émission radio « spéciale dédicaces » un matin de la semaine du 22 mars.

La date est encore à définir car elle préfère attendre un jour de mauvais temps pour être sur de l’audience.
Le principe c’est quoi ? Vous donnez le nom d’une chanson et de son interprète, avec éventuellement un petit message pour la personne à laquelle dédicacer le titre. La bibliothèque musicale de la base étant bien fournie.

0n a de grande chance de trouver les titres demandés.
Comment procéder ?
Il suffit de m’envoyer un email à bdenaeye@ifrtpddu.ifremer.fr si la dédicace ne me concerne pas.

Sinon, envoyé un email à mdebin@ifrtpddu.ifremer.fr qui organise l’émission, afin de garder un effet minimum de surprise !

Je vous tiendrais bien évidemment au jus des résultats.

Un pied dans la base…

Publié le 16 mars 2010 | 6 réactions

Untitled from Baptiste DENAEYER on Vimeo.

Campagne d’été

Publié le 25 mai 2010 | pas de réaction

Le bateau met du temps à s’écarter du rivage, ca fait une heure que j’attends dans le froid. J’étais, comme on dit en jargon D’Urvilien, de quart centrale la nuit passée. Je n’ai donc pas dormis de la nuit. Dans ces conditions le froid est mon pire ennemi, l’esprit fatigué ne veut plus lutter. Bateau n’ayant pas encore mis les voiles, je ne tiens plus, tant pis, j’abandonne, je rentre manger.

Ce que j’attendais c’est le dernier départ de bateau de la saison, R4 en patois local. Cela signifie que c’est la cinquième rotation de l’année pour l’Astrolabe. Durant la campagne d’été, notre imagination s’occupe essentiellement sur ce que nous sommes supposés vivre dans les prochains mois. Dans cette période, la base grouille de vie. On profite des « rares » (cette année selon les campagnards) jours de beau temps pour réparer ce que les hivers ont détruit au fil des années. Des passerelles sont renouvelées, des fuites sont colmatées, des tuyauteries sont améliorées … Dans les ateliers, ca se bouscules, on soude, on coupe, on tourne, on perce, chacun livré à sa propre réalisation.

moi+jacques

Au delà des rénovations, il y a aussi tout l’entretien qu’une base à sept jours de bateau d’un lieu « civilisé », implique. Il faut gérer huit mois de déchet de la base mais aussi un an de déchet de la base Concordia, le démontellement de la piste du Lion, la gestion de la nourriture, les manoeuvres pour la recherche scientifique, l’entretien des véhicules, la constructions des moyens de locomotion sur le continent, … Les métiers et activités ne manquent pas à Dumont D’Urville en pleine saison. La base se transformerait presque en parc d’attraction pour scientifique émérite.

moi_camion_lion

Dans cette émulsion, deux grands types de personnes sont à distinguer à Dumont D’Urville, les campagnards (d’été) et les hivernants. Ces premiers restent sur base de façon variable, de deux semaines à 4 mois. Une certitude, il rentrerons au mieux (ou au pire suivant les cas) avec R4. Habituellement, après une journée de travaille, la foule de campagnard d’été se mêle avec celle des hivernants. On raconte nos histoires autour d’un verre, on rigole, on se maudit, on râle, on se plis en quatre, on se renseigne. Moments de rassemblement ou chacun se retrouve pour parler et se détendre. Chez les hivernants, une question est inhérente : « Est-ce que l’hivernage va bien se passer ? ». L’inexpérience dans ce domaine de la plupart des hivernants rend cette question de plus en plus importante à mesure que la date de R4 approche. A contrario, l’expérience du campagnard, qui lui vient depuis plusieurs années et qui a sans doute hiverné, se veut rassurante.

« De toute façon, il n’y a pas un seul hivernage qui ne se passe de la même façon. Tu verras bien par toi même ».

Il est clair qu’a priori, nous mélangeons 26 personnes qui n’ont que le fait de vouloir partir en Antarctique en commun. Ce n’est pas forcément suffisant pour créer des liens. C’est par cette constatation que durant la campagne d’été, je me suis plus intéressé aux campagnards. Finalement si je veux comprendre le sens d’un hivernage avant de rentrer dedans, autant essayer de discuter avec ceux qui en ont l’expérience. Je peux toujours faire des plans sur la comète avec mes camarades, mais aboutirons nous à des conclusions viables ?

J’ai ainsi profité de l’émission quotidienne sur la radio locale Skuarock, pour interviewer les campagnards présents. Chaque interview était différent, impossible de prévoir à l’avance les tons que pouvait prendre la demi heure « On Air ». Je suis passé par toute sorte de sentiments. J’ai beaucoup rigolé mais je fût aussi respectueux, intéressé, nostalgique, impressionné, joyeux, … J’ai passé des moments incroyables.
Je me souviens notamment la première fois que j’ai interviewé Steph. Campagnard d’été depuis plus de 26 ans, il a vécu un nombre impressionnant de moment important de la vie de base. J’avais réalisé sept émissions avant de lui demander s’il voulait venir à l’émission. On m’avait conseillé d’aller le voir car « Il connait beaucoup de fait relatif à la base ». Après négociation (il faut toujours en passer par cette phase avant qu’une personne n’accepte l’invitation) et sa timidité mis à l’écart, il accepta de venir.
Une fois à la radio, il nous raconta des anecdotes sur la base. L’ambiance qui d’habitude est plus ou moins propice aux rires, s’est transformé en une atmosphère intéressé et respectueuse. Tous buvaient ses mots de la manière dont on écoute les sages. L’ambiance à la radio ne reflète pas souvent l’ambiance dans les salles où sont les auditeurs. Après l’émission j’ai eu vent que le séjour qui naturellement est bruyant, s’était tut pour écouter Steph.

LOGO

Dans un autre ordre d’idée, pour les hivernants et tous ceux présent sur la base en général, le Raid vers Concordia fait rêver. Le Raid, c’est le convoi qui part de la base Prud’homme (petite base en bordure du continent ouverte exclusivement en été) et qui va jusque Concordia Dome C, une base en plein milieu du continent à 1100 km de nous. Pour se faire une idée de ce qu’est le Raid, il faut s’imaginer dix jours entouré de blanc sur une surface quasiment vierge, livré à son imagination. Trois personnes du Raid étaient présentes sur la base et je voulais les inviter à l’émission. Je voulais comprendre ce qu’un Raid représente. Après une semaine de négociation, j’ai finalement réussi a les faire parler dans le micro. Finalement, de l’expérience couplé de ces personnes en est ressortie une conclusion assez simple sur le Raid:

« Un Raid ne se raconte pas, il se vit ».

Aujourd’hui après 5 jours d’hivernage, la question dont je faisait référence plus haut « Est-ce que l’hivernage va bien se passer » est encore présente à l’esprit. Tout doucement, elle commence à se dissiper au fur et à mesure que la neige se dépose sur la roche de l’ile des pétrels. « Vous serez seul sur une ile pendant 8 mois », je commence à comprendre ce que ces mots ont pour signification. Comme beaucoup d’expérience, il y a souvent un biais entre les mots qui forment sa définition et son vécu.
La conclusion du Raid est finalement assez récurrente dans le monde D’Urvilien. Dans huit mois ou plus, vous me demanderez alors à votre tour, comment j’ai vécus mon hivernage et je vous répondrais ce que la plupart des anciens hivernants m’ont répondu au micro Skuarock:

« Un hivernage ne se raconte pas, il se vit ! »

chris_banquise

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